26 juin 2026 - 13:46
Bahreïn : arrestation d'une chercheuse pour une publication sur l'Achoura

Les autorités du régime Al Khalifa à Bahreïn ont arrêté la chercheuse sociale Fatima Haroun, accusée d'avoir publié des propos jugés "offensants" envers l'une des confessions religieuses sur Instagram. Tandis que le ministère de l'Intérieur justifie cette mesure par une loi sur les réseaux sociaux, la Commission des prisonniers politiques de Bahreïn a fermement condamné cette arrestation, y voyant une nouvelle étape dans la répression systématique des intellectuels et des militants civils, en violation flagrante des engagements internationaux du royaume en matière de droits de l'homme.

Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Le ministère de l'Intérieur de Bahreïn a annoncé, jeudi, avoir procédé à l'arrestation de la chercheuse Fatima Haroun pour "utilisation abusive des réseaux sociaux", affirmant que le contenu publié par cette dernière contenait une "insulte publique envers l'une des confessions religieuses". Toutefois, les autorités n'ont pas précisé la nature exacte des propos incriminés, se contentant de les qualifier de "généraux et ambigus", selon les termes de la Commission des prisonniers politiques.

Dans un communiqué de presse, la Commission des prisonniers politiques de Bahreïn a vivement dénoncé cette arrestation, qu'elle a qualifiée de "nouvel épisode dans la politique de restriction systématique de la liberté d'expression et de répression des intellectuels et des activistes civils". L'organisation a souligné que les accusations portées contre Fatima Haroun ne sont que des chefs d'accusation vagues et ambigus, déjà utilisés à plusieurs reprises par le régime pour poursuivre les critiques et criminaliser les opinions dissidentes.

La Commission a également insisté sur le fait que le geste de la chercheuse ne dépassait pas le cadre de l'exercice de son droit naturel à exprimer son opinion, un droit fondamental garanti par les conventions internationales. Elle a déploré que l'arrestation d'une figure académique et sociale reconnue, pour une simple publication sur un réseau social, démontre la volonté du régime Al Khalifa de museler les élites intellectuelles et de renforcer le contrôle sécuritaire sur l'espace numérique, en contradiction totale avec les normes internationales des droits de l'homme.

Cette arrestation intervient dans un contexte de tensions croissantes à Bahreïn, où les autorités ont intensifié ces derniers mois les mesures répressives à l'encontre des voix critiques, notamment celles liées aux communautés chiites qui constituent la majorité de la population. Le régime Al Khalifa est régulièrement accusé par les organisations internationales de violations systématiques des droits de l'homme, allant de la torture à la privation de la nationalité, en passant par l'interdiction de rassemblements pacifiques.

La solidarité s'est rapidement organisée sur les réseaux sociaux pour exiger la libération de Fatima Haroun, avec le hashtag #Libérez_Fatima qui a été largement partagé par les militants et les défenseurs des droits humains dans la région du Golfe Persique. Les critiques ont souligné que cette arrestation révèle une fois de plus la nature autoritaire du régime Al Khalifa, qui ne tolère aucune voix discordante, même lorsqu'il s'agit de simples réflexions religieuses et culturelles, rappelant que l'Achoura est un événement spirituel majeur pour des millions de musulmans à travers le monde.

Cette affaire soulève également des questions sur l'engagement de Bahreïn envers ses obligations internationales, alors que le pays avait signé plusieurs traités relatifs aux droits civils et politiques. Les observateurs internationaux appellent désormais les autorités à libérer immédiatement la chercheuse et à garantir la liberté d'expression pour tous les citoyens, conformément aux principes de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

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